Du modulaire…et plus que du modulaire!
30 Avr 2026
Mel Willerth, Senior Manager of Education, CHRA and CIH Canada
Au cours du mois de février, nous avons eu l’honneur d’organiser une série de formations en quatre parties en collaboration avec Cahdco, l’Université du Nouveau-Brunswick, CIH Canada, ainsi que de nombreuses organisations et experts venus partager leur expérience.
En tant que personne axée sur l’éducation, le mentorat et la gestion responsable, j’avais l’impression que je n’étais peut-être pas la mieux placée pour coordonner ce projet. Mon expérience et mes connaissances personnelles en matière de maisons modulaires provenaient du fait d’avoir vécu dans l’une d’elles à l’adolescence (que mes parents avaient très clairement demandé de ne jamais qualifier de « caravane »), puis d’un peu d’apprentissages que j’ai eu la chance d’acquérir lors de voyages d’études.
Grâce à ce cours, j’ai appris que le « modulaire » n’est qu’une partie d’un ensemble beaucoup plus vaste appelé « méthodes modernes de construction » (MMC). Ces techniques couvrent un large éventail, des structures modulaires tridimensionnelles aux panneaux plats, en passant par le bois massif, et même des systèmes hybrides qui combinent diverses approches. Au départ, je pensais qu’il s’agissait principalement de rapidité (ce qui est le cas). Mais il est également question de coût, d’efficacité et même de performance énergétique. Les exemples présentés, tels Attainable Homes Calgary et Maison Bonneville, montrent que ces méthodes peuvent contribuer à livrer des logements plus rapidement tout en améliorant la qualité et l’uniformité.
Et honnêtement, vu l’ampleur actuelle de la pénurie de logements au Canada, cela semble logique. On observe une tendance croissante, notamment à travers des initiatives telles que « Maisons Canada », à recourir à ce type d’approche pour construire davantage de logements, plus rapidement et à une échelle reproductible et réalisable. La construction modulaire peut nous aider à y parvenir.
Il y a certaines réalités pratiques que je n’avais pas prises en compte : des aspects comme l’accès aux grues, les calendriers de production en usine et les limites de la chaîne d’approvisionnement. Si les méthodes de construction modernes sont innovantes, elles posent également de nouveaux défis en matière d’accès, en particulier pour les collectivités rurales, nordiques et isolées. Les coûts ne sont pas toujours moins élevés ; parfois, les matériaux préfabriqués et la main-d’œuvre nécessaire à leur assemblage peuvent s’avérer plus coûteux que les matériaux et méthodes traditionnels.
J’ai aussi compris, en coordonnant les sessions et les intervenants, que les MMC ne sont pas seulement techniques (même si elles le sont incontestablement… et, bien que j’aie appris les aspects techniques sur le moment, je ne les réciterai pas ici), elles sont aussi délibérées. Nous avons discuté de la construction de logements fonctionnels, en utilisant des solutions qui favorisent la vie communautaire, notamment des logements gérés par les Autochtones et des logements supervisés qui privilégient la durabilité, l’intimité et l’utilisation à long terme pour les collectivités auxquelles ils sont destinés.
J’ai beaucoup de reconnaissance envers Paige Waldock, de Cahdco, et Brandon Searle, de l’Université du Nouveau-Brunswick, pour l’apport de leur expertise, leurs témoignages et leurs réseaux à ces formations. Cela n’aurait pas été la même chose sans eux, et je pense que d’autres, tout comme moi, ont appris beaucoup. Nous devons continuer à réfléchir à des solutions innovantes pour répondre à la crise du logement et à développer le logement communautaire. Le logement n’est-il pas un droit humain ?