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Bâtir notre avenir en matière de logement : Une analyse approfondie du budget fédéral de 2026

10 novembre 2026

Kenneth Milner

Le 5 novembre, le gouvernement fédéral a présenté le budget de 2026, intitulé Maîtres chez nous. Les mesures qu’il contient soulèvent plusieurs questions importantes pour le secteur du logement communautaire et de la lutte contre l’itinérance. Voici donc une analyse des principaux engagements et de ce qu’ils signifient pour notre secteur.

Commençons par les engagements phares. Le gouvernement affirme que ce budget permettra :

  • De tripler le rythme de construction de logements hors marché (communautaires) au cours des dix prochaines années, pour atteindre 24 000 nouveaux logements par année.
  • De mettre fin à l’itinérance d’ici dix ans.

Ces deux objectifs sont louables. Mais comment le gouvernement entend-il les concrétiser? Et surtout, quels éléments sont encore nécessaires pour y parvenir?

Examinons de plus près les mesures annoncées et les lacunes qui subsistent.

La nouvelle orientation nationale en matière de logement

Tous les investissements dans le logement prévus au budget de 2026 s’articulent autour de trois piliers (image 1). Chacun correspond à une composante du continuum du logement (image 2), ce qui permet de mieux comprendre la vision du gouvernement et l’orientation qu’il souhaite donner à la Stratégie nationale sur le logement.

Les piliers 1 et 2 sont particulièrement importants pour notre secteur. Nous nous attarderons donc à ces deux volets.

Pilier 1 : Éliminer l’itinérance

  1. Prolongation des programmes «Vers un chez-soi» et du Programme de lutte contre l’itinérance chez les anciens combattants. 6,5 milliards de dollars sur 10 ans, à compter de 2027-2028. Cela permet d’augmenter le financement de ces deux programmes et, surtout, d’éviter le précipice budgétaire prévu en 2028.
  2. De nouveaux fonds pour le logement avec services de soutien et le logement de transition. 10 milliards de dollars sur 10 ans, à compter de 2027-2028, versés par l’intermédiaire du programme « Maisons Canada ». Ce montant couvre uniquement les coûts d’immobilisations. Le gouvernement s’attend à ce que les provinces et les territoires financent les coûts d’exploitation et les services de soutien globaux.
  3. Une Prestation canadienne pour le logement renouvelée. 5,6 milliards de dollars sur 10 ans, auxquels s’ajouteront des fonds équivalents de la part des provinces et des territoires. Cela démontre que le gouvernement fédéral reste engagé envers les subventions au loyer.
  4. Un financement accru pour les services de soutien. Le nouveau Fonds de soutien intégré reçoit 5 milliards de dollars sur 10 ans, et le Fonds d’infrastructure des services de santé (annoncé pour la première fois dans le budget de 2025) obtient 2 milliards de dollars supplémentaires sur deux ans. Ces deux fonds fournissent des capitaux pour de nouveaux services de soutien. Le Fonds de soutien intégré sera géré par Maisons Canada et vise à regrouper le logement et les mesures de soutien. Le Fonds d’infrastructure des services de santé restera sous la responsabilité d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Aucun des deux ne construit directement des logements, mais l’augmentation des services de soutien est essentielle pour mettre fin à l’itinérance.

Pilier 2 : Développer le logement hors marché

  1. Recapitalisation de « Maisons Canada ». MC recevra 13 milliards de dollars supplémentaires sur 10 ans, à compter de 2028-2029, pour construire des logements hors marché. Ce montant s’ajoute à son financement destiné aux logements avec services de soutien et aux logements de transition, ainsi qu’au Fonds de soutien intégré. Au moins 10 % de ces fonds seront affectés à des projets de logement destinés aux Autochtones, selon une formule tenant compte des particularités de chaque communauté.
  2. Terres fédérales. Maison Canada reçoit également 2 milliards de dollars pour aménager des terres fédérales en vue de la construction de logements, ce qui permettra de financer les réseaux d’eau et d’égouts, les routes et d’autres infrastructures de base. On s’attend à ce que cela permette d’élargir son programme de construction directe.

Ententes fédérales, provinciales et territoriales (ententes FPT)

Le gouvernement prévoit annoncer de nouvelles ententes fédérales, provinciales et territoriales (ententes FPT) dans la prochaine déclaration économique du printemps. Celles-ci doivent comporter de nouveaux engagements fédéraux et exiger que les provinces et les territoires prennent leurs propres engagements. Cela est important pour combler des lacunes telles que le financement de fonctionnement et les mesures de soutien complémentaires pour le logement avec services de soutien. Ces ententes devraient également révéler les contributions provinciales et territoriales à la Prestation canadienne pour le logement, qui est financée conjointement.

Perspectives d’avenir

Nous pouvons désormais voir comment ce gouvernement envisage le logement et à quoi ressemblera sa Stratégie nationale du logement. Notre rôle consiste à nous assurer qu’elle comble les lacunes restantes.

  1. Un plan de logement autochtone URN. Nous avons besoin d’un plan doté de ressources suffisantes, conçu pour les Autochtones et par les Autochtones, qui porte sur le logement en milieu urbain, rural et nordique t qui créé un milieu urbain inclusif qui célèbre la diversité Le gouvernement a démontré qu’il était capable de prendre des engagements sur dix ans; nous en avons donc besoin dans ce domaine.
  2. Un véritable système de prestation de logements. Le gouvernement a défini son approche en ces termes, et nous devons veiller à ce qu’il s’y tienne. Cela signifie financer le renforcement des capacités par l’entremise de partenaires éprouvés comme le Centre de transformation du logement communautaire (CHTC) et le Logement Coopératif National Autochtone (NICHI).
  3. Rénovation et réparation. Il n’y a toujours pas de financement pour rénover et réparer les logements non marchands existants. Les logements les plus abordables sont ceux dont nous disposons déjà. Il est essentiel de les préserver et de les revitaliser, ainsi que de renforcer les organismes qui en sont propriétaires.
  4. Financement préalable au développement. Pour constituer un réservoir de projets à long terme, le gouvernement fédéral doit également investir des fonds pour permettre le démarrage des projets.

Enfin, un mot sur l’ampleur et l’ambition de ce budget. Tripler le nombre de mises en chantier de logements hors marché et construire 200 000 nouveaux logements constitue un grand pas en avant, mais cela reste en deçà de l’objectif de l’ACHRU, qui est de doubler la part des logements hors marché. Comme le souligne notre rapport intitulé « Un double-double, s’il vous plaît » : savoir d’où on part pour augmenter le nombre de logements hors-marché », cela nécessiterait 750 000 logements supplémentaires.

Nous y parviendrons en donnant suite à cet engagement, en agissant rapidement, en demandant des comptes au gouvernement et en faisant pression pour obtenir davantage.

Je crois que nous pouvons y arriver, et je pense que notre secteur est prêt à relever ce défi.