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Au-delà d’un simple toit : créer des logements où les communautés 2ELGBTQI+ peuvent s’épanouir

25 Juin 2026

Mel Willerth, Senior Manager of Education, CHRA and CIH Canada

Lors de la dernière réunion de la communauté de pratique 2ELGBTQI+ de l’ACHRU, nous avons discuté de la manière de construire des foyers accueillants pour tous les membres de la communauté. La principale conclusion est sans doute évidente : un logement est bien plus qu’un simple endroit où dormir ; c’est un lieu où l’on trouve sécurité, apaisement, sentiment d’appartenance et liens sociaux. Cela est particulièrement vrai pour les membres des communautés 2ELGBTQI+ qui continuent de faire face à des taux disproportionnés de précarité de logement, d’itinérance et de discrimination.

Partout au Canada, les gestionnaires de logement explorent comment le logement communautaire peut mieux soutenir les résidents 2ELGBTQI+ grâce à des politiques inclusives, une conception réfléchie et des approches respectueuses des différences culturelles. Le partage de ces expériences avec des collègues fut formidable.

 

Créer des espaces sûrs et inclusifs

À la base du logement inclusif,  on trouve des personnes. Les organisations ont souligné que la formation continue du personnel est essentielle pour garantir que les résidents se sentent accueillis et respectés. Revoir régulièrement la terminologie, les pratiques et les approches aide le personnel à créer des environnements où les résidents queers, trans et bispirituels peuvent se sentir en sécurité.

Pour les communautés autochtones 2ELGBTQI+, la sécurité culturelle revêt une importance tout aussi grande. Les prestataires de logement ont souligné l’intérêt des approches ancrées dans le territoire, du leadership autochtone et de l’accès à des aînés de confiance ainsi qu’à des soutiens culturels ayant été dûment validés par leurs collectivités. Des initiatives, telles que le projet de logement accompagné de l’Edmonton 2 Spirit Society, montrent comment le logement peut mettre au cœur la culture, l’identité et le sentiment d’appartenance.

 

Concevoir en fonction du bien-être

Les participants ont partagé des exemples illustrant comment la conception des logements peut favoriser la guérison et le sentiment d’appartenance à la collectivité. Certains ont mentionné le besoin d’espaces de convalescence pour les personnes subissant une chirurgie de confirmation de genre, tandis que d’autres ont souligné les avantages des environnements adaptés aux besoins sensoriels. Ces deux idées sont faciles à mettre en œuvre et contribuent grandement à rendre un espace sûr, accueillant et chaleureux, comme l’est un véritable foyer.

Au Lily, un programme de logement de transition géré par Choices for Youth, une salle sensorielle équipée d’outils apaisants, tels que des casques antibruit et une balançoire, a aidé les jeunes à se sentir plus à l’aise et plus impliqués. Cet espace offre aux résidents un lieu où se retirer, se ressourcer et simplement être eux-mêmes.

 

Repenser les espaces communautaires

De nombreux acteurs du logement s’interrogent également sur la disparition des « tiers-lieux », ces endroits, en dehors du domicile et du travail, où les gens peuvent nouer des liens avec les autres.

Que ce soit au moyen de jardins, de cours, de salles communautaires ou d’espaces de rencontre informels, les ensembles immobiliers peuvent contribuer à favoriser les liens sociaux entre les résidents et la collectivité au sens large. Parallèlement, les participants ont souligné que l’engagement communautaire devait être flexible et mené par les résidents eux-mêmes. Certaines personnes peuvent aimer le jardinage ou les clubs de lecture, tandis que d’autres préfèrent ne pas participer du tout aux activités collectives.

L’objectif n’est pas d’imposer des liens sociaux, mais de créer des possibilités de les nouer.

 

Au-delà de l’individu

Les participants à la communauté de pratique ont discuté de la nécessité pour les acteurs du logement d’adopter une vision plus large lors de la conception des programmes et des politiques. De nombreux refuges et programmes de logement supervisé ont du mal à accueillir des familles, et les restrictions concernant les animaux de compagnie peuvent constituer des obstacles pour les personnes à la recherche d’un logement.

Pour certaines personnes, les animaux de compagnie constituent une source essentielle de compagnie et de soutien. Créer davantage d’options de logement acceptant les animaux et militer en faveur de changements politiques peut contribuer à lever les obstacles qui empêchent les personnes d’accéder à un logement.

Alors que le secteur canadien du logement continue de s’attaquer aux défis liés à l’accessibilité financière et à l’itinérance, ces discussions nous rappellent que le logement ne se résume pas à un toit. En concevant délibérément des espaces qui favorisent la sécurité, la culture, le bien-être et les liens sociaux, nous pouvons créer des collectivités où les personnes ont non seulement un endroit où vivre, mais aussi un lieu où elles se sentent chez elles.

Souhaitez-vous participer à la discussion ? Notre prochaine réunion de la communauté de pratique 2ELGTBQ+ aura lieu le 27 juillet. Nous aborderons les enjeux liés aux lieux de travail inclusifs et à la manière de garantir que la culture organisationnelle soit sûre pour tous et toutes.