Les blogues de l’ACHRU!

En juin 2017, l’ACHRU a lancé une nouvelle série de blogues. Ces blogues visent à offrir des comptes rendus, des intuitions et des points de vue de première main des employés, des membres et des administrateurs de l’ACHRU sur les questions et les développements qui surviennent dans la sphère des logements sociaux, sans but lucratif et abordables au Canada. 

Les membres de l’ACHRU sont invités à présenter des suggestions d’articles pour ces blogues. Si vous souhaitez soumettre un blogue, envoyez un courriel accompagné de votre blogue à Mark Hughes à mhughes@chra-achru.ca. Les participations devraient se limiter à 750 mots de longueur, être écrits à la première personne et traiter d’une question liée à l’habitation. L’ACHRU se réserve le droit d’examiner minutieusement toutes les participations.


Réflexions sur un modèle intégré - Norfolk Housing Association

Maya Kambeitz, CRHA, est la directrice générale et Cynthia Mazereeuw la spécialiste des communications de la Norfolk Housing Association dans le quartier Sunnyside de Calgary, Alberta. www.norfolkhousing.ca

Le mois dernier, le gouvernement albertain a finalement fait connaître sa Stratégie de l’habitation à un groupe d’intervenants du secteur du logement provenant de l’ensemble de la province. La présentation incluait les outils pour appuyer les gestionnaires de logement et les locataires en leur donnant une plus grande flexibilité : modèle de revenus mixtes, aides au logement et rénovation du parc de logement existant.

Il s’agit certainement d’un moment excitant pour la province, et il se produit alors que les besoins sont urgents, puisque nous émergeons à peine d’une économie en récession.

C’est un pas important vers le logement pour tous et les gouvernements, fédéral autant que provincial, doivent être félicités pour accorder la priorité aux stratégies concernant l’habitation et pour inclure parmi elles un modèle mixte de marché dont les bienfaits sont indéniables.

La mixité dans l’habitat favorise l’intégration sans préjugés de personnes provenant de différents milieux socio-économiques. Cela est possible grâce à un équilibre entre les logements dont le loyer est fixé au prix courant et ceux dont le prix est plus bas que le prix courant à l’intérieur d’un même ensemble. On cherche alors l’équilibre et l’intégration et on favorise le regroupement pour construire des communautés diversifiées, inclusives et prospères. Les résidents peuvent continuer d’habiter le secteur, même si leur revenu augmente, en passant d’un loyer en bas du marché à un loyer équivalent à celui du marché.

Ce modèle intégrateur offre la possibilité aux personnes de participer pleinement à la vie communautaire et de construire les fondations d’une vie agréable, peu importe leur revenu ou leur capacité. En effet, il est reconnu que les gens ont besoin d’un endroit pour vivre qui est abordable, sécuritaire et adéquat s’ils veulent bâtir des familles en santé et contribuer à l’épanouissement de leur communauté.

En offrant une mixité de logements avec des loyers plus bas que le loyer courant et d’autres au prix courant, les organisations peuvent atteindre une viabilité financière de façon à continuer d’offrir du logement sur une base à long terme, s’outillant pour faire face à la fin des conventions d’exploitation et aux changements dans le financement.

Ce modèle mixte n’est pas une panacée ; il ne peut à lui seul répondre à tous les enjeux actuels en habitation. Toutefois, il représente un pas important dans la création de communautés saines ; il peut prévenir l’itinérance ou le retour à l’itinérance pour certains ; il diminue la pression sur les systèmes de santé et de justice et il offre une chance aux personnes de s’épanouir puisqu’elles bénéficient des bases d’un véritable foyer.

Ce modèle est une mesure préventive. Il permet de faire face à certaines des causes de l’itinérance et de ses conséquences, qui peuvent menées, dans les pires cas, à la toxicomanie, à l’alcoolisme, à la séparation des familles et à la violence familiale ; et cela peut se produire même à l’occasion d’une courte période d’instabilité résidentielle ou d’itinérance.

La Norfolk Housing Association (NHA) a mis en place ce modèle dans les quartiers Hillhurst et Sunnyside de Calgary depuis plus de 37 ans. Nous sommes un gestionnaire de logements ancré dans les valeurs de compassion, de respect, de dignité et de pérennité. En fournissant des logements de qualité, abordables et adéquats, en développant des relations et en s’engageant à être responsable et ouverte avec les membres de la communauté, avec les voisins et avec les résidents, la NHA démontre l’importance de rassembler des communautés diversifiées pour construire des milieux de vie sains.

Favoriser une intégration réussie du modèle de loyer mixte ou aider les gestionnaires à explorer le concept va demander collaboration, ouverture et flexibilité de la part du gouvernement pour permettre aux gestionnaires, en tant qu’experts dans leur domaine, de vraiment l’étudier et l’adapter. Le gouvernement doit comprendre que le processus de fournir du logement aux Canadiens est un processus complexe qui prend diverses formes. C’est essentiel pour saisir la situation dans son ensemble.

Le moment est excitant en Alberta et à travers le Canada, puisque nous avons la possibilité de voir, dans un futur rapproché, chaque Canadien logé adéquatement. De plus, les gestionnaires ont la chance de collaborer avec le gouvernement pour mettre en place un changement réel et durable. Ensemble, nous pouvons et nous allons bâtir des familles en santé qui contribueront à la prospérité de la communauté.


Visite de l’immeuble Karen’s place d’Ottawa Salus sur l’avenue Clementine

Le 26 juin, le personnel de l’ACHRU a eu l’occasion de visiter le plus récent projet de 42 unités de logement abordable d’Ottawa Salus, Karen’s place, à Ottawa (Ontario). Karen’s place offre à ses résidents un lieu abordable, confortable et sûr qu’ils peuvent qualifier de chez-soi. Avec des garçonnières spacieuses, des aires communes pour les résidents de l’immeuble, un jardin communautaire et des installations de lessive/lavage, la création et le fonctionnement de ce projet résidentiel sont rendus possibles grâce à 2,3 millions $ de collectes de fonds et de dons de plusieurs donateurs et partenaires d’Ottawa Salus.

Cet immeuble particulier est la première structure Habitation passive en Amérique du Nord faite d’acier léger et le premier et plus important projet de logements abordables résidentiels à unités multiples au Canada construit pour satisfaire à la norme environnementale « Habitation passive ». La norme Habitation passive est l’une des normes énergétiques les plus élevées qui soient au monde et Salus peut ainsi beaucoup limiter sa consommation d’énergie à simplement 27 $ par année en coûts de chauffage pour tout l’immeuble! Les économies d’énergie permettent à Salus non seulement de réduire les coûts d’exploitation de l’immeuble et sa propre empreinte environnementale, mais également de concentrer son budget sur l’aide qu’il apporte à ses clients.

Les logements supervisés d’Ottawa Salus répondent aux besoins de la clientèle tant masculine que féminine aux prises avec des troubles de santé mentale graves dans la région d’Ottawa. Créé en 1977, l’organisme de bienfaisance canadien s’emploie à promouvoir la croissance et le bien-être des personnes en situations de troubles de santé mentale dans la communauté en leur offrant des logements de qualité et des services de soutien en anglais et en français. En plus de leur offrir un lieu sûr et digne qu’elles puissent qualifier de chez-soi, Salus offre d’autres programmes et services de santé mentale tels que des services de gestion de cas, des services de développement communautaire, des programmes de réadaptation à la transition, des services d’ergothérapie, ainsi que des services de loisirs et de mieux-être. Ces services sont tous adaptés aux besoins individuels de chaque client, à leurs étapes de rétablissement et à leurs circonstances.

Dès son arrivée dans l’immeuble, notre personnel a été chaleureusement accueilli par la directrice générale d’Ottawa Salus, Lisa Ker, qui nous a guidés le long d’une visite pas à pas de l’immeuble. L’immeuble peut héberger 42 clients et encourage la propriété d’animaux de compagnie parmi les résidents.

Au rez-de-chaussée, l’immeuble compte du personnel sur place qui peut répondre aux besoins de ses résidents, des laveries automatiques à l’usage des résidents, une salle multi-fonctions pouvant accueillir les divers événements et programmes que l’immeuble offre à ses résidents, une cuisinette multifonctions complète, un magnifique jardin situé dans la cour arrière et une aire extérieure que ses résidents peuvent utiliser durant la saison chaude, ainsi que des unités accessibles pour les clients ayant des besoins en matière d’accessibilité.

Nous avons eu la possibilité de visiter une des unités accessibles, qui comprend une salle de bain complète avec douche accessible, une garçonnière avec cuisine complète, une grande fenêtre et un casier. Une autre caractéristique unique des unités est leur insonorisation intégrale contre les bruits extérieurs grâce aux fenêtres fermées et au système de chauffage/climatisation autorégulé selon le moment de l’année pour permettre aux résidents de rajuster la température de leur pièce légèrement sans déranger la commande de température de tout l’immeuble. Nous avons également eu l’occasion de visiter la salle d’entretien et d’apprendre comment les rouages internes du système de chauffage/climatisation éconergétique de l’immeuble fonctionnent.

Somme toute, la visite de l’immeuble Karen’s place d’Ottawa Salus sur l’avenue Clementine a été une excellente expérience qui nous a permis d’explorer et de découvrir davantage un des plus récents projets de logement abordable aménagés dans la collectivité d’Ottawa. L’immeuble de l’avenue Clementine est un projet de logement abordable incroyablement novateur et ingénieux qui constitue un excellent exemple du logement abordable de demain. Non seulement montre-t-il que les ensembles de logements sociaux peuvent véritablement être un milieu confortable pour les personnes qui en ont besoin, mais qu’ils peuvent être écologiquement et économiquement efficients aussi.

 

Dana Salvador, associée à la commercialisation et aux promotions stagiaire

Dana travaille actuellement à l’obtention de son diplôme de B. Sc. soc. avec double spécialisation en Communication et en Science politique à l’Université d’Ottawa.

Après son stage chez l’ACHRU, Dana espère enrichir son expérience en travaillant dans son domaine et consolider ses connaissances en travaillant auprès d’ONG pour motiver l’adoption des initiatives stratégiques gouvernementales.


Bienvenue à la Série de blogues de l’ACHRU – Commençons!

Jeff Morrison, directeur général de l’Association canadienne d’habitation et de rénovation urbaine

À une époque où nous sommes tous tellement occupés et où beaucoup d’entre nous souffrons d’un surcroît de renseignements, je sais ce que vous devez vous dire : Un autre document à lire? Un point de plus sur ma liste de choses à faire? C’est vrai, il n’y a assurément aucune pénurie de lectures à faire, même sur un sujet aussi particulier que le logement. Mais les employés et les administrateurs de l’ACHRU entendent souvent de la bouche de nos membres et non-membres que ceux-ci ne comprennent pas toujours tout ce qui se passe à l’échelle nationale en habitation, ni même au sein de l’ACHRU en soi. Alors, cette nouvelle série de blogues de l’ACHRU se veut un autre outil dans la trousse d’outils de communication pour partager idées, renseignements et points de vue sur ce qui se déroule dans la sphère du logement social et abordable au Canada – et plus l’information sera franche et directe, le mieux ce sera.

L’une des questions qu’on me pose souvent ces temps-ci est « Que fait l’ACHRU à propos de la Stratégie nationale en matière d’habitation? ». Vous vous souviendrez que le Budget fédéral 2017 a annoncé au-delà de 15 milliards $ pour des programmes sur le logement social et abordable sur les 11 prochaines années (des programmes qui témoignent de bon nombre des propres recommandations de l’ACHRU formulées en 2016); et ces progammes seront davantage précisés lorsque le gouvernement dévoilera toute sa Stratégie nationale en matière d’habitation à l’automne. 

Chez l’ACHRU, la période précédant l’annonce de la SNH offre une occasion relativement brève de partager nos réflexions et points de vue avec le gouvernement fédéral sur la façon de dépenser les investissements annoncés dans le Budget 2017 et sur les autres points à inclure. Pour ce faire, l’ACHRU parachève actuellement deux documents écrits. D’abord, nous préparons une lettre au ministre chargé du Logement, Jean-Yves Duclos, résumant les recommandations de mise en œuvre des annonces contenues dans le Budget 2017. Ensuite, nous prenons la rétroaction reçue lors du Caucus autochtone de l’ACHRU organisé durant le Congrès pour formuler les recommandations sur une stratégie d’habitation autochtone en milieux urbain et rural distincte. Comme le président de notre conseil d’administration Stéphan Corriveau a dit lors du Congrès, « il ne peut y avoir aucune stratégie nationale en matière d’habitation sans une stratégie d’habitation autochtone ». Alors, nous voulons remettre au gouvernement fédéral une carte routière de ce à quoi elle devrait ressembler. Une fois les deux documents approuvés par notre conseil d’administration, l’ACHRU les partagera avec nos membres, espérons-le au plus tard au début de juillet. 

Je devrais ajouter que nous n’avançons pas sur cette voie seuls – nous sommes en communication périodique avec nos parties prenantes partenaires telles que la Fédération canadienne des municipalités, la Fédération de l’habitation coopérative du Canada et l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance afin d’harmoniser nos idées le plus possible.

À partir de là, au cours de l’été, nous prévoyons rencontrer les fonctionnaires de la SCHL, la classe politique et les autres parties prenantes pour leur communiquer nos idées et inciter celles-ci à les adopter. La Stratégie devant être rendue publique à l’automne (date à confirmer), l’été constitue notre dernière occasion de façonner la version définitive de la Stratégie éventuelle.

Avant de conclure, j’aimerais dire merci à tous les délégués, commanditaires, conférenciers et organisateurs des ateliers mobiles qui ont aidé à faire de notre Congrès 2017 une réussite. Les Congrès de l’ACHRU semblent prendre de l’ampleur et s’améliorer année après année, et c’est grâce à vous. J’aimerais également remercier mes collègues employés qui ont consenti d’innombrables heures à faire du dernier Congrès ce qu’il a été.

J’ai bien hâte de lire et d’entendre ce que les penseurs chefs de file en habitation ont à partager avec nous dans le cadre de la présente série continue de blogues. 

Jeff Morrison est directeur général de l’Association canadienne d’habitation et de rénovation urbaine.  Vous pouvez lui envoyer un courriel à jmorrison@chra-achru.ca.

 

 


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